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Interview de l’activiste du Dunk : Mathis Henry

Voici une interview de Mathis Henry. Avec son association, il a pu mettre en place un tournoi de Streetball à proximité de Rennes, et continue de participer à l’organisation d’événements sportifs. Ce jeune homme est un véritable activiste du dunk, et participe à la promotion de ce dernier, avec comme but principal d’en faire une discipline à part entière.

JJ: Pouvez-vous vous présenter?

MH: Donc je m’appelle Mathis Henry et suis né en 1996. J’ai commencé le basket à l’âge de 8 ans, et par la suite, j’ai eu l’occasion de rencontrer Kadour Ziani au tournoi de l’Asphalte, à Ploemeur, alors que j’avais dans les 10 ans. C’est lui qui m’a fait découvrir la passion du « vrai basket », différent de ce qui se joue en club. Cet homme a toujours été du genre à transmettre aux plus jeunes sa passion du dunk.
C’est quelque chose que j’ai donc appris de lui, à cette époque.
Je l’ai ensuite revu à 14 ans, De ce fait, on a pu garder le contact, en se voyant lors des vacances, si bien qu’il a pu me transmettre cette passion du dunk, qui était déjà inspirée par les grands joueurs NBA de cette époque. Autrement, je suis étudiant en BTS d’Assistant Manager, tout en participant à l’association Art’Dunk.

JJ: Qu’est-ce que l’Association Art’Dunk?

MH: Alors il s’agit d’une association Loi 1901, dont le but est de promouvoir le dunk, et en faire un sport à part entière. Elle a vu le jour en Décembre 2013, et passe par plusieurs événements pour atteindre son objectif.
Il y a notamment l’événement du Art’Dunk Show, dont le premier avait été organisé pendant la Foire Internationale de Rennes, avec des dunkeurs comme Jordan Kilganon, Kadour, Loïc Moitry, ou Justin Darlington. Donc l’objectif était vraiment de taper fort. Et au final ça a bien marché, quand on pense à ce qu’est devenu Jordan par la suite, et ce que fait Kadour en tant que parrain de notre association.
Ca nous a donc bien propulsé sur la scène, et nous permet de garder en tête l’objectif ultime: en faire une discipline à part entière, que l’on pourrait retrouver aux Jeux Olympiques. Et ce, même si ça va mettre du temps pour y parvenir.

 

JJ: Qui va gérer cette discipline? Y aura-t-il une fédération? C’est vous qui allez organiser?

MH: Il n’y aura pas vraiment de fédération. Je serai l’organisateur, mais avec d’autres personnes d’un groupe. Dunk Elite met aussi beaucoup son empreinte dessus, en plus d’avoir un lien avec la FIBA. Et concernant Kadour, il va rester l’ambassadeur du dunk. On a tous les trois les mêmes objectifs, donc ça se réunit.

JJ: Qu’est ce que représente pour vous la Slam Nation?

MH: Ca représente tout. Elle a débuté alors que je venais de naître. Donc j’ai grandi directement avec le dunk, et eux en sont les pionniers en France. Ils sont pour moi aux origines de tout ce qu’on fait.

JJ: Pour monter un tel projet, pouvez-vous nous dire quelles seraient les grandes difficultés qui peuvent être rencontrées?

MH: Les principales difficultés consistent à trouver des partenaires, et s’occuper du problème financier, en premier lieu. Présenter un projet nouveau à des partenaires nécessite une confiance réciproque. De plus, il y a les moeurs des personnes, qui ne sont pas encore adaptées au dunk. Pour l’instant, on voit surtout les TOP 10 NBA et le Slam Dunk Contest lors des All Star Game. En dehors de ça, c’est encore relativement discret. Il est donc nécessaire de changer les moeurs, car tout le monde ne connait pas ça. Il faut gagner en terme de promotion, de visibilité, et de reconnaissance dans le monde, avant de pouvoir s’attaquer à un projet concret.

JJ: Quelle est la place des français dans le monde du dunk?

MH: En France, on a quand même un peu perdu de niveau, même si l’on peut trouver de grands dunkeurs, comme Guy Dupuy. On a également Loïc Moitry, qui a un gros potentiel pour son âge, même s’il lui faudra revenir de ses blessures. Si l’Amérique du Nord reste en haut, elle est secondée par l’Europe de l’Est, et la France pourrait reprendre une place avec le temps.

JJ: Parlons maintenant de Rennes, qui est une ville où il y a beaucoup de joueurs, mais qui n’est pas encore reconnue en terme de Basket.

MH: Il y a un gros projet avec l’URB et leur montée en N1, mais qui reste sur le long terme pour les faire monter en Pro. Et si l’on regarde à côté, avec les clubs de Fougères ou de Vitré, il y a quand même un beau secteur basket. N’oublions pas non plus le projet de Saint Brieuc, et Lorient également. Ainsi que le terrain de Beaulieu, qui commence à se populariser en terme de Playground.

JJ: Parlez-moi un peu de Beaulieu.

MH: C’est comme notre Rucker Park. Tout joueur rennais, s’il se considère basketteur, a au moins joué là bas. Et donc en faire un terrain de Streetball reconnu, d’un point de vue régional pour commencer, c’est également l’un des objectifs de l’association Art’Dunk. C’est LE playground de Rennes, qui a permis à des joueurs de devenir pro, sans forcément passer par les fédérations.
On a également organisé le Beaulieu Tournament en Août, où on a pu mettre en avant le playground. Et en fin de compte, ses habitués ont pu mettre en difficulté des équipes pro, dont une en provenance de Nantes qui, même si elle a gagné, a plutôt galéré lors de la finale, face à une équipe composée de mecs de Beaulieu, sans licence ou en départementale.

JJ: Pouvez-vous nous parler du Hoops Party?

MH: C’est un tournoi international de Basket qui a été organisé le 28 et le 29 Mai à Mordelles, pour sa première édition, en collaboration avec le Quartier Ouest. L’objectif était d’apporter un tournoi se rapprochant de ce dernier, comme d’autres du même style faisant parti du Réseau, ou même le Quai 54. C’est quelque chose qui manquait dans le grand ouest, et c’est la première fois que l’on a pu voir un tournoi de ce style en Bretagne. L’objectif serait de permettre au Hoops Party de se hisser parmi les tournois de Streetball reconnus dans le monde entier. De ce fait, nous bossons dur cette année, afin de revenir encore plus fort, et montrer que Rennes a bel et bien du basket.

JJ: Quel beau monde pouvait-on trouver au Hoops Party?

MH: Déjà, on pouvait trouver Shekinah Munanga, en PRO A à Limoges cette année. Il y avait également Massé Doumbé, qui joue en N1 actuellement, mais est passé par la NCAA auparavant. Sinon, quelques joueurs de N3 également, donc pour une première édition, c’est plutôt intéressant.

JJ: Que pouvez-vous nous dire sur le deuxième Art’Dunk Contest, qui a eu lieu lors du Hoops Party?

MH: On a fait du très lourd ce week-end là. L’objectif était de montrer deux potentiels européens avec Joel Henry et Sergey Mosur, ainsi qu’un potentiel local du nom de Benjamin Gobin. Joel Henry a détruit le concours, et sa victoire lui a permis d’en faire d’autres, comme celui du Quartier Ouest, et un concours Dunk Elite à Stockholm. Ca l’a donc bien propulsé, et lui a donné une belle scène, ce qui l’amènera à revenir défendre son titre au prochain concours.

JJ: Quel sera l’objectif du prochain Art’Dunk Contest?

MH: Pour ce prochain événement, l’objectif ne sera pas de faire découvrir des potentiels, mais plutôt de faire venir les meilleurs participants dans le monde. Le souhait serait d’avoir 3 dunkeurs du top 10.

JJ: Pour finir, quelles sont pour vous les autres étapes nécessaires à la réalisation de votre projet ultime?

MH: Il y a un championnat du monde qui est en projet. Mais d’abord, il y aura une compétition nationale, puis une européenne, également en projet. C’est encore assez confidentiel, mais cela va vite devenir publique. Dans les mois et années qui suivront, le dunk prendra une tournure tout à fait différente, concernant sa reconnaissance et sa qualité de sport.

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© Photos : Estelle Grisette

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